L’arboriculture fruitière cartographie les risques de la filière

La Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF) présente une vaste étude des risques, notamment humains, dans le secteur à l’occasion de son congrès cette semaine. Enseignements avec sa directrice Stéphanie Prat.


Quelles étaient les intentions de la FNPF avec le lancement de cette étude des risques de la filière arboriculture fruitière ?

Nous y avons réfléchi avec la multiplication des conséquences néfastes de nombreux événements, bien avant le très gros gel d’avril 2021. L’arboriculture fruitière est un secteur économique à part entière qui doit disposer d’outils pour le pilotage stratégique des entreprises. Cette cartographie des risques existe dans d’autres secteurs avec des métiers identifiés. Mais les petites structures de notre filière ne peuvent se permettre d’avoir par exemple un salarié dédié à ces sujets. Il fallait faire une étude en transversal, au niveau national, pour nous outiller sur la diversité de ces risques.


Quels enseignements tirez-vous de l’étude ?

Les trois risques majeurs identifiés sont les aléas climatiques, l’insuffisance de main d’œuvre et la règlementation phytosanitaire. Ce sont des sujets que nous traitons au niveau collectif de la FNPF. Un autre enseignement, plus surprenant : le risque lié au marché est considéré faible. Pour deux raisons : l’origine France apparaît comme un vrai atout et, moins positif, les volumes de fruits à noyaux par exemple ayant baissé de 50% en 20 ans, il est plus facile d’écouler une plus faible production.


Les risques catégorisés « humains » ressortent très haut dans l’étude. Pourquoi selon vous ?

Cela concerne surtout la disponibilité de la main d’œuvre, tant saisonnière pour la récolte que permanente : des compétences comme celles de chef de culture ou d’ingénieur qualité sont difficiles à trouver. C’est d’abord un problème de visibilité et de connaissance de l’arboriculture dans le paysage agricole, qui attire peut-être moins que le maraîchage par exemple. La formation est aussi insuffisante, notamment pour attirer des jeunes en dehors du monde agricole.


La transmission des exploitations est-elle aussi un sujet « humain » qui interpelle vos adhérents ?

C’est un risque majeur clairement identifié. Et le reflet d’abord de la pyramide des âges de notre filière où de nombreux exploitants sont quinquagénaires ou sexagénaires, voire septuagénaires. Le schéma traditionnel de transmission aux enfants est plus compliqué aujourd’hui, à cause du capital à sortir en droits de succession, mais également à cause des difficultés d’image pour les jeunes générations.



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