Bérénice Giot : « J’ai toujours voulu travailler en milieu rural avec les animaux »

Éleveuse à la ferme des Godets chez Hectar, Bérénice nous parle de son quotidien avec quelque 80 belles ruminantes !

Une intuition confirmée par le temps !

« Il y a parfois des chemins tout tracés... Dès l’âge de 8 ans, je savais que ma vie professionnelle serait auprès des animaux. C’est une fois arrivée en BTS production animale que j’ai découvert l’option ingénieur-agro. Une confirmation, j’avais trouvé ma place. J’ai alors mis de côté l’option vétérinaire que j’avais un temps envisagée. Je serai sur le terrain, au quotidien, en pleine nature, au plus près des animaux, en lien avec le sol et les cultures.

A quoi ressemble une journée d’éleveuse en hiver ?

En réalité, mes journées sont rythmées par les besoins du troupeau : d’abord aller à sa rencontre, s’assurer que tout va bien. Ici, les quelque 80 vaches d’origine normandes vivent en plein air, un mode de vie sain et adapté à leurs besoins physiques et comportementaux.En effet, contrairement à ce que l’on croit souvent, les vaches ne craignent pas le froid sous nos latitudes puisque leur zone de confort thermique se situe entre -10 et +25 °.  La nature étant bien faite, elles revêtent leur manteau d’hiver en temps voulu et développe une couche de graisse protectrice grâce à une bonne alimentation : de l’herbe savoureuse qu’elles prélèvent de parcelle en parcelle lors de nos déplacements (PTD), complétée de rations de fourrage à chaque fois que nécessaire. Pour se tenir chaud en automne et en hiver, les vaches ont aussi tendance à se regrouper et apprécient particulièrement les haies qui les protègent du vent. Je prends aussi le temps d’échanger avec les riverains qui s’interrogent parfois. En moins de deux ans, ils ont vu le retour des prairies que nous avons progressivement réimplantées, celui des vaches dans la vallée. Nous faisons parfois des projections anthropomorphiques, par manque de connaissance, par empathie aussi. Il faut expliquer notre métier et rappeler que les vaches sont rustiques et s’épanouissent en extérieur.

Quelles actualités en perspective ?

Nous allons étendre les prairies en implantant prochainement 35 hectares supplémentaires dans le vallon du Pommeret bien connu des habitants de Lévis St Nom, la commune où nous sommes installés. Nous améliorons sans cesse nos pratiques car nous sommes dans un modèle de ferme pilote. Nous avons par exemple vite identifié qu’il nous fallait davantage d’espaces d’autant que le troupeau s’agrandit avec les vêlages attendus d’ici le printemps. Une haie de près de 2 kilomètres est également prévue dans le courant du mois de février, initiative conduite avec des scolaires de l’écosystème Hectar. C’est non seulement un garde-manger favorisant la biodiversité, un atout contre l’érosion des sols et leur assèchement, mais aussi le retour d’un paysage traditionnel que les aînés de la commune voient progressivement se redessiner. Mais le point d’orgue sera sans aucun doute le redémarrage de la Laiterie des Godets qui sommeillait depuis plusieurs décennies. Yaourts et fromages artisanaux siglés « La ferme des Godets » en sortiront d’ici cet été. Du 100% local ! Une fierté.



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